Mes chers amis,
L’heure du retour n’a pas encore sonnée, mais elle a au moins le bon goût d’être désormais fixée.
Le 2 juin à 7h30 je serais rentré à Paris.
L’aventure américaine qui devait initialement durer 2 ans (mais si… vous savez… un an d’étude et un an de boulot m’étais je imaginé) se termine en 9 mois de cours.
Pourquoi rentrer si tôt ? Mais cela est bien simple : parce que Paris me manque et New-York m’enquiquine.
Que Passy, Paris ou la France me manque, je pense que ça ne surprend personne. Donc passons.
Que New-York m’enquiquine demande peut-être plus d’explications.
8 mois sont passés et j’en suis venu à la conclusion que je n’aime pas vivre à New-York.
Ce point de vue est tout ce qu’il y a de plus subjectif et je ne prétends bien sur pas connaitre toutes les facettes de cette ville. Pour autant, je ne l’aime pas.
Je me permets de souligner que dans cette expérience, comme tout le temps, on doit faire des choix. Cela va du choix de mes cours à Columbia, aux choix des gens avec qui j’ai passé plus ou moins de temps, en passant par le choix de mon appartement par exemple. Et ma conviction d’aujourd’hui c’est précisément de dire que quelque soient les choix que j’aurais pu faire, cette ville ne serait pas devenue le lieu d’attache où j’aurais pu m’épanouir pour quelques années de plus.
Alors pourquoi ?
Une première raison : les cours. Oui, ils sont plutôt intéressants dans l’ensemble, mais le premier semestre était trop prenant (de nombreux devoirs à rendre qui empêchent souvent de sortir en semaine et qui vous forcent à travailler le week-end) et le second semestre se déroule sur un faux rythme avec des « travaux de groupes » trop peu quantitatifs. Cette année j’aurais appris des choses, mais je n’aurais pas grandit intellectuellement.
Je passe aussi sur le plan professionnel où je suis resté au point mort cet année avec 0 offre à ce jour.
« Attend Charles, il n’y a pas que les cours pour s’épanouir. Il y a aussi les livres, les expos, les films et bien sur les rencontres. »
Oui. Je rajouterais d’ailleurs que voir un livre, une expo ou un film n’aura jamais la même saveur seul que partagé. Bref je crois que mon épanouissement intellectuel se vit à plusieurs et se dissocie difficilement des gens qui nous entoure. Alors parlons des gens.
Précisons et dédramatisons tout de suite : j’ai rencontré des gens supers, je me suis fait quelques amis à vie. Toutefois je ne suis pas satisfait de mon « environnement humain New-Yorkais ».
En arrivant en août, je n’attendais rien à part d’être une crêpe. De me voir retourné. De sentir mes habitudes, mes repères, mes codes chamboulés. De découvrir une autre vision de la vie grâce à une expérience humaine enrichissante.
Et non.
J’ai rencontré beaucoup de gens, quasiment tout le temps français, très sympa mais venant du même milieu, souhaitant faire la même chose et se posant bien peu de questions. Bref, pas assez de ces amis qui me retournent. Dieu que j’aime être crêpisé ! Et lors de la plupart de ces précieuses rencontres, je reste frustré d’avoir passé si peu de temps avec ces quelques perles. Pas assez cuite.
Ne comptez pas sur Columbia pour vous faire des amis venus d’horizon différents. Mais plutôt pour rencontrer des ingénieurs venu du même milieu que vous (donc peu différents) ou vous faire un « réseau » international de camarades (donc pas des amis). Je n’y ai pas eu de « bande » de potes et les étudiants de pays différents se mélangeaient peu. Et ce n’est pas faute de m’être investi dans des assoces et autres projets pour créer un esprit de promo.
Bien que de nombreux numéros de téléphones aient été échangés, il n’y a qu’une personne américaine que j’ai vraiment connue. -Et pas via Columbia- Des jolis souvenirs restent dans la tête mais les trippes n’ont pas changés.
Globalement, les interactions ont peut être été trop superficielles (un an c’est peu, il est difficile de se retrouver régulièrement dans une grande ville comme New-York). Contrairement à Franklin, Ginette ou Centrale, pas de bande avec laquelle grandir, se tirer la bourre, s’engueuler aussi. Juste des gens avec qui s’éclater une à deux fois par semaines, de manière fragmentée.
Capédédiou ! J’y suis !
Je me rends compte que je ne me suis pas engueulé une seule fois avec quelqu’un cette année.
Tout est là.
J’ai tout de même regardé et appris quelques trucs. Par exemple que certaines personnes sont accros à la Raison comme à l’oxygène, que d’autres peuvent vivre des mois sans chercher à construire, d’autres non et enfin que nous devenons vieux et que nombreux sont ceux qui arrêtent de rêver. (Cette dernière remarque n’est rien de plus qu’une intuition, un truc que l’on sent lorsqu’on observe les interactions, les codes entre des jeunes français expatriés).
Alors que faire ?
D’abord rentrer chez moi.
Et puis –surtout- ne pas se résigner, laisser la porte ouverte à d’autres aventures à l’étranger!
Bien sur continuer à rêver, à avoir la tête dans les étoiles ; et à travailler, les pieds bien sur terre. Enfin bâtir pour apprendre et pouvoir donner et recevoir.
…
Et puis péter un coup. Rien de grave dans tout ça. Aucun remords, juste quelques déceptions de jeune homme.
Après tout, New York est la meilleure ville du monde… pour passer des vacances.
Pensées venues en écoutant TIGA sur les rivières du Guatemala en revenant de la jungle




















